Bukhara et Samarcande, les grandes soeurs de Khiva

Le 04-08-2009 • Pays : Ouzbekistan

L'Ouzbékistan a une particularité, il n'y a pas ou plutôt très peu de panneaux de signalisation. Trouver la bonne route n'est pas toujours facile, mais se diriger en ville est une autre paire de manche. Les arrêts pour demander notre chemin sont fréquents. C'est dans ces conditions que nous rejoignons Bukhara. La ville semble charmante avec ces petites ruelles, mais ça devient vite un casse tête en voiture quand il s'agit de chercher une adresse précise. Les sens uniques ne nous aident pas. Nous finissons par trouver le B&B conseillé par le Lonely, après un début d'après-midi cool, chaleur écrasante obligeant (> à 40°), nous partons explorer la ville dans la soirée.
Bukhara

Bukhara ressemble architecturalement parlant à Khiva, de grandes Madrasas, des mosquées et des mausolées de toutes beautés rivalisant dans les teintes de bleus. En cette fin d'après-midi nous admirons la Madrasa Mir-i-Arab et l'Ark, cité royale, la plus vieille structure de Bukhara. Le soleil se couchant nous escaladons un château d'eau désaffecté non loin de l'Ark. La vue sur la ville et le couché du soleil vaut la montée périlleuse. Contrairement à Khiva, les bâtiments de Bukhara ne sont pas éclairés de nuit, il nous faut donc attendre le lendemain pour continuer la visite.

C'est sous une chaleur écrasante que nous reprenons le lendemain matin la visite de Bukhara. Les Madrasas sont toutes plus belles les une que les autres. L'architecture est souvent la même, une immense devanture formée par des des mosaïques de carrelage bleuté, une cour intérieure arboré, cette dernière étant entouré d'innombrables pièces. Un petit tour au marché permet de nous imprégner de l'ambiance de la ville, cette fois-ci la ville de Bukhara fait moins office de musée de plein air comparé à Khiva.
Détail
Bukhara est aussi l'occasion de rencontrer un bon nombre d'équipes du Mongol Rally, comme si cette ville était un passage obligé pour nombre d'entre elles. Nous échangeons sur nos différentes aventures et sur la suite. Chaque équipe a des objectifs différents, à l'heure où j'écris ces lignes plusieurs ont déjà du rejoindre Oulan-Bator, d'autres comme la notre prenons le temps de visiter les différentes merveilles qui se glissent sur notre chemin.

Nous filons en fin d'après-midi vers Samarcande. Encore une autre ville à visiter absolument pour ses différents bâtiments. Sur la route je fais signe à une voiture ayant son coffre plein de pains, des klaxonnent retentissent, la voiture nous double et un pain nous est tendu par la fenêtre. Je l'attrape, puis un second pain ... 4 pains s'échangeront de la sorte sous des rires partagés.


Samarcande nous accueille de nuit, En cherchant un hôtel je ne vois pas une rigole, et boom les deux pneus avant se retrouvent bloqué dedans, heureusement j'allais pas vite. Des personnes viennent nous aider à sortir de ce piège. Encore une fois nous choisissons une adresse du Lonely, à notre surprise 6 autres équipes ont fait le même choix ce soir. Le Mongol Rally envahit cette petite auberge. Nous aurons les trois dernières places.


Nous passons la journée du lendemain à visiter Samarcande. Un bâtiment se dégage des autres, il s'agit du Registan. 3 grandes Madrasas entourent une place, c'est grandiose. Puis nous nous perdons dans un quartier reculé, cela permet de voir la vrai vie des Ouzbek. Le pays est pauvre sous ces façades bleutées.


Le bazar Siob est encore une fois l'occasion de s'imprégner d'une ambiance bien différente de nos super-marchés "adoré". C'est riche en couleur, en odeur et en bruit. A quelques pas d'ici se trouve la mosquée de Bibi Kanoum, mosquée construite par l'Amour d'une femme.

La ville de Samarcande est en travaux, de nombreux bâtiments sont en restaurations et les avenues sont regoudronnées. Un évènement se prépare, il faut que la ville soit à la hauteur. A l'hôtel nous rencontré Marc et ses parents. Il travaille comme professeur de français à Tachkent. Il nous explique les réalités du pays et les problèmes qu'ils rencontrent. C'est très intéressant d'avoir l'avis de quelqu'un qui connaît bien le pays. Sous une façade tranquille, la politique du pays fait des dégâts.

Le Tadjikistan et la route de la Pamir sont proches. Nous venons de recevoir un mail des organisateurs du rally qui déconseillent de prendre cette route. Ce mail est bref et peu clair. Nous partons nous renseigné sur Internet, pas de nouvelles particulières sur le Tadjikistan. Les sites des ministères des affaires étrangères français, anglais et américain ne donnent pas d'informations récentes sur le sujet, pas d'incursions de Talibans ou de conflits entre les Khirguiz et les Tadjiks. Nous décidons donc de continuer sur notre idée initiale : prendre la route de la Pamir, une des plus belles routes de montagne du monde. Une autre équipe anglaise du Mongol Rally, souhaite aussi prendre cette route, nous nous retrouvons le soir pour en parler, banco nous décidons de nous retrouver le lendemain pour voyager ensemble. Être à deux voitures sera plus sécurisant en cas de difficulté sur la route.

A la recherche du meilleur trajet Signé: Samuel



Traces GPS :
Pour Buhkara
Buhkara - Samarquand
Samarquand
A la découverte de l'Ouzbékistan

Le 02-08-2009 • Pays : Ouzbekistan

Archétype de la ville soviétique, Noukous, située en plein désert, ne propose que guère d'activités. Notre arrêt est motivé par le musée Savitsky. Artiste sous l'URSS, il s'est pris de passion pour l'art sous toutes ses formes dans l'Asie centrale et a recueilli de nombreuses pièces qui sont maintenant conservées dans ce musée. Chez nous, ce musée a fait l'objet de plusieurs articles dans Télérama, Le Figaro ou encore Géo pour la bravoure de Savitsky d'avoir récupéré et accroché des œuvres censurées par les communistes. Ce musée est une merveille qui tranche avec la froideur et la dureté soviétiques de la ville. On tombe particulièrement amoureux des statues directement sculptées dans des troncs.

Avant d'aller directement Khiva, nous nous arrêtons à Mizdakhan, une colline qui fut une grande ville il y a bien bien longtemps. Puis détruite lors d'une x ème invasions et qui maintenant se retrouve couverte de tombes musulmanes. Tellement que, de loin, on dirait une ville. De ce que l'on a compris, on se balade dans le cimetière en voiture. Avec notre Skoda et ses autocollants, autant dire que l'on fait un peu tâche. On se gare pour se balader à pied et on visite quelques tombeaux.

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Tombeau à Mizdakhan

Sur la route de Khiva, nous passons par quelques anciennes forteresses dont certaines ont plus de 2000 ans. Celles que nous visitons ont été construites entre le III et le V ème siècle.
La première se trouve au milieu d'un champs de coton. Construite de briques et recouverte de boue mélangée à de la paille, la forteresse a traversé les siècles d'une manière surprenante. Il n'y a pas la moindre trace d'équipement pour les touristes, on peut se balader absolument n'importe où. Un passage permet de monter au sommet de celle ci. On voit que ça n'a jamais été exploré, des débuts de galeries sont ouvertes sur quelques mètres de profondeur alors qu'il doit y avoir des dizaines de mètres qui serpentent sous nos pieds... Un paradis pour archéologues...

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La suivante est particulièrement impressionnante. Au sommet d'une colline, deux forteresses se font face.

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Forteresse de Ayaz-Qala

On se dirige vers la première. Je conduis sur la piste de sable. Rodolphe trouve que ça fera un excellent shot pour la caméra. Je comprend qu'il veut filmer et donc, stupidement, je m'arrête... sur du sable... Ca manque pas, on est bloqué. On est comme des gamins. C'est notre premier ensablage depuis le départ et on est content de pouvoir utiliser notre matos. Quelques coups de pelles (Kudo à Samuel pour sa maîtrise des pelles américaines), les plaques de désensablage et nous sommes sur la route pour le sommet de la colline. No worries!


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Rodolphe et Samuel qui creusent

On admire le couché de soleil de ce point de vue... Après quelques discussions et une confirmation du Lonely, on décide d'atteindre la ville de Khiva (prononcer Riva) le soir même pour pouvoir admirer la ville de nuit... Cependant, la route est longue, de nombreux cyclistes et piétons rendent la conduite difficile. On arrive vers 23h30, on mange et à minuit, on commence à visiter la ville de nuit. On est absolument les seuls. Moi qui m'attendait à croiser une animation nocturne digne de Marrakech, je suis bien surpris par ce silence absolu... d'autant que la beauté des lieux est vraiment prenante et l'éclairage mettant bien en valeur la qualité des monuments. Décidément, l'Ouzbekistan nous présente un visage bien différent de celui imaginé!
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Khiva

Le lendemain, nous continuons dans la ville de Khiva mais cette fois de jour, il y a un peu plus de touristes mais ils restent cependant rares. Le mois d'Août, à cause des hautes températures, n'est pas le mois le plus touristiques, le printemps étant favorisé.
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Khiva

Nous visitons bons nombres de monuments de la vieille ville. Des Madrassa (école coranique), des mosquées, palais, etc. Nous escaladons les deux minarets ("Le plus haut d'Ouzbekistan"). L'Islam pratiqué et enseigné me semble plus progressifs que dans d'autres pays. Rares sont les femmes avec des voiles, la consommation d'alcool courante et un culte relativement peu exigeant.

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De haut

Next stop, Boukhara. Nous devons reprendre un pont flottant d'un état ... perfectible. On l'avait pris la veille, mais, aujourd'hui, il est en réparation. On se met dans une queue. Un Ouzbek avec un excellent niveau d'anglais ("normal, je suis interprète") vient nous taper la discussion et fais un étalage surprenant de sa culture générale. Quelques personnes traînent autour de la voiture... dont un chauffeur routier. Notre pote l'interprète traduit les questions de ce dernier. Il nous demande les tarifs des prostitués en France. "Aucune idée". Et ce que l'on a pensé des prostitués sur la route. Quand on lui dit que l'on ne sait pas lui répondre, il nous demande comment trois mecs font pour se priver de sexe pendant aussi longtemps.

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Sacré fin de pont

On finit la soirée au pied de ce qui apparaît un grand lac mais qui en réalité est un grand élargissement du fleuve, en face de nous, le Turkmenistan !
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Notre camp pour la soirée

Signé: Sylvestre




Traces GPS :
Noukous à Khiva
Khiva
La traversée du désert

Le 01-08-2009 • Pays : Ouzbekistan

Une nuit entre deux pays, une expérience particulièrement originale! La vielle, on nous indiqué que la douane ouvrait à 8 h. 8 h 10, on est devant.
Notre journée promet d'être longue. Un contact de Rodolphe, corroboré par le Lonely Planet, nous à indiqué que la route de la frontière Ouzbek à la première route promet d'être épique (mauvais état, peu de trafic, route indiquée que rarement sur les cartes...).

Pour ainsi dire, la vraie aventure, celle que l'on est venu chercher en se lançant dans le Mongol Rally! 70 litres d'eau, le réservoir plein, environ 45 litres d'essence sur le toit, 3 pneus de rechange, environ 5 jours de nourriture et le téléphone satellite avec les numéros de l'ambassade en cas de problème. Bref, on est paré!

Self service
8h 10, on revient à la douane Ouzbek, visiblement, on arrive trop tôt, tellement qu'un des militaires a laissé son fusil mitrailleur dans la salle d'attente... On discute un peu avec un des militaires, dents en or, qui parle bien anglais, il est captivé par le numéro du Courrier International que je traîne depuis mon départ... Il nous interroge sur le niveau d'Anglais de ses anciens concitoyens de l'URSS. Sans aucun doute, le sien est bien meilleur.
On nous avait prévenu, "faites attention en Ouzbekistan", pourtant, nous n'avons pas été mieux accueilli qu'ici!

Quelques coups de tampon et on repart. On attaque cette fameuse piste. Même si, vu la bonne qualité de la route Kazakhstan et la circulation sur la route, on se rend vite à l'évidence: la route est bonne! On est à la fois content, ça nous fait plus de temps pour visiter le pays, et déçu, même si la route du Pamir et la Mongolie nous offriront l'aventure avec un grand A, on aurait voulu plus mériter
l'Ouzbekistan. On avait compté entre un et trois jours de route pour cette piste, 3 heures suffiront... On a l'air malin avec nos trois jerricans pleins et nos 50 litres d'eau sur le toit...


Notre planning bien allégé, on s'oriente donc vers la mer d'Aral pour un petit détour de 250 kilomètres pour aller constater la transformation d'une ville portuaire en ville en milieu du désert... en trente années, le pompage intensif pour les champs de coton a provoqué le recul de 50 kilomètres de la mer et a abandonné ses anciens bateaux au milieu de ce qui est maintenant un désert.
Preuves de cette catastrophe, il reste presque une dizaine de bateaux rouillés posés sur des dunes, autre type de vagues. On se surprend à chercher la mer au loin... Ah, la folie des hommes.


On navigue entre ces vestiges incongrus, on monte à bord, on photographie et filme.


On finit la journée à Nokous après avoir satisfait Rodolphe en provoquant volontairement une panne d'essence: 684 kilomètres d'autonomie qui rendront Rodolphe content et prouveront que la documentation Skoda est erronée, notre réservoir faisant 48 litres et non pas 42.

Signé: Sylvestre



Traces GPS :
Premier jour en Uzbekistan