Plus que 600 kilomètres avant la ligne d'arrivée !

Le 23-08-2009 • Pays : Mongolie

Dimanche 23 Août :
Nous découvrons un nouveau pneu crevé... Heureusement nous nous sommes arrêtés en ville et il sera facile de trouver un réparateur de pneu aux alentours. Samuel et Gaëtan partent donc avec 3 roues dont les jantes ont pris de sérieux coups. Pendant que le spécialiste officie, je m'occupe de faire un plein d'huile de boite car avec notre mésaventure juste avant le départ en explosant la boite de vitesse, bien que celle-ci soit ressoudée à la perfection, elle perd un peu d'huile au goûte à goûte et il faut donc régulièrement refaire le niveau.
J'en profite aussi pour faire un gros nettoyage du filtre à air gorgé de poussière !
Pendant ce temps, Sylvestre s'occupe de publier le message de la veille via l'antenne Satellite. L'équipe ne chôme pas !



Nous finissons par partir vers 11h avec 2 roues de secours presque neuves et un plein d'essence qui nous étonne un peu... Mais il ne faudra que quelques dizaines de kilomètres avant que notre spécialiste des roues nous explose une nouvelle jante. Je ne le citerais pas, vous aurez deviné ! ;)
Sam change donc sa roue (nous avons instauré la règle : qui casse, répare !) et c'est reparti sur une magnifique piste jaune totalement désertique.



Il se fait faim et nous nous arrêtons pour préparer notre déjeuner, qui d'habitude est essentiellement composé de pâtes, à 98% du temps. Pâtes que nous agrémentons de diverses sauces en tout genre (moutarde sucrée, ketchup à l'aneth, sauce barbecue pas trop mal...) et dans les grands jours, d'un peu de thon ou de sardine. Un régal ! (et ça dure depuis presque 1 mois...)
Sauf que cette fois-ci nous avons subitement eu envie de cuisiner ! Nous avons en stock une boite de petit pois, une de champignons, et nous avons acheté une sorte de semoule que nous ne connaissons pas, c'est donc le moment d'essayer !
Pendant qu'une grosse bachole d'eau boue pour la semoule, je m'applique à faire revenir un peu les champignons dans un tout petit peu d'huile piquée dans un sachet de pâtes chinoise lyophilisée... Imaginez le délice ! Mais alors que la semoule cuit depuis bien 20 minutes, il n'y a plus d'eau du tout et c'est visiblement loin d'être cuit ! Nous remettons donc une bonne rasade d'eau et attendons sagement en bavant sur mes champignons qui commencent à sentir plus que bon !
Près de 45 minutes plus tard nous obtenons une sorte de magma... mais qui au moins ne croque plus sous la dent. Les ventres de l'équipe criant famine, on décide d'arrêter là le massacre et on mélange le tout. Le plat obtenu que nous appellerons à juste titre "Magma" est pour ainsi dire, mangeable... mais on en redemanderais pas vraiment :-/ Et fort heureusement que nous avons nos diverses sauces pour faire passer le goût de cette semoule qui n'en est définitivement pas ! (Maman, je ramène un échantillon pour que tu me décrypte ce qu'est cette céréale)
Malheureusement, nous n'avons pris aucune photos de ce merveilleux plat. Enfin si certains sont motivés, il doit rester dans un coin de désert, le reste de notre bachole de Magma... Avis aux amateurs !
Très déçu de ce repas qui en plus à totalement gâché le goût de mes champignons préparé avec tant d'attentions, nous reprenons la route, de plus en plus défoncée.

Il est toujours assez amusant de traverser les villes ou villages en Mongolie, tellement ce peut être chaotique. Il n'y a pas vraiment de routes, pas franchement de logique, les constructions sont de différentes couleurs, toujours un peu brinquebalantes, les yourtes, entourées de palissades... Le tout à un aspect un peu post-apocalyptique toujours surprenant...




Notre piste est de plus en plus défoncée et nous touchons régulièrement à l'arrière. D'autant plus qu'avec les milliers de pistes déjà parcouru et le poids de tout ce que nous transportons, les amortisseurs arrière commencent à rendre l'âme. C'est alors qu'un choc plus gros que les autres se fait sentir... (Edit de Sylvestre: Rodolphe oublie de préciser que c'était lui le conducteur). Petit arrêt pour constater les dégâts : Outre le pot d'échappement qui est définitivement mort suite aux différents coups, on constate que le logement de la roue de secours a perdu un peu d'espace... On se demande alors si ce n'est pas un choc similaire qui nous aurait diminuer la contenance de notre réservoir d'essence...



Finalement rien de grave, on repart ! Mais on constate un léger déhanchement de la voiture... Après vérification, nous avons visiblement touché le train arrière car nos deux roues arrière penchent légèrement vers l'intérieur et vers l'avant. Là ça devient plus sérieux ? Boaf pas tant que ça, on verra à la prochaine ville !
La piste nous fait passer par de jolis coins en fin de journée et des nuées d'oiseaux s'envolent à notre passage. Tout cela sans croiser la moindre voiture quasiment. La Mongolie est toujours fascinante !




Arrêt camping pour la nuit près d'une joli rivière et soirée astro par une nuit magnifiquement étoilée !!
Pour ceux qui ne voit pas bien ce que représente la photo avec des traînées blanches, c'est en fait une photo pose longue en visant l'étoile polaire. En effet la terre tourne sur le même axe ce qui fait que l'ont voit bien la rotation de la terre en prenant une photo visant l'étoile polaire pendant une vingtaine de minutes !





Lundi 24 août :
Cela devient presque une coutume... alors que je roule à nouveau sur une piste bien défoncée, un bruit encore plus anormal que tous ceux que l'on peut déjà entendre entre les amortisseurs arrière qui n'en peuvent plus, le claquement des jerricans sur la galerie, la vitre conducteur qui ne tient plus du tout et les différents impacts avec le sol... j'ai crevé ! :)
Mais cette fois ce n'est pas la jante comme d'habitude, c'est bien un beau trou dans le pneu. Il faut dire que nos pneus arrières commencent à être sérieusement lisses. Il nous reste une roue de secours. Changement éclair et c'est reparti jusqu'au prochain bled où nous finissons par trouver le spécialiste du coin qui après de grands et long efforts, arrivera enfin à nous réparer nos deux pneus et jantes bien abîmés.



Une heure plus tard nous reprenons la route, heu... la piste ! Piste qui se disperse en plusieurs traces... Bien que notre GPS nous indique bien le cap à suivre, il est difficile de choisir entre toutes les traces qui se dessine devant nous. On finit bel et bien par se perdre en arrivant près d'une mine supposée d'or. On continue mais on se retrouve face à face avec un grillage nous barrant la route !!! Un comble en Mongolie ou tout n'est que vaste plaine sans aucune clôtures !
Demi-tour pour essayer de retrouver la piste principale et après de gros efforts de pilotage sur ces pistes défoncées et avec notre voiture qui chasse de l'arrière, on arrive enfin à BayanHongor vers 16h15... affamés ! mais sans le sou !
Et comble de la malchance, la banque est hors service car les réseaux de communications sont coupés. Aie, ça se complique ! Mais Samuel, fin débrouillard, finira par trouver une femme se baladant avec une petite fortune sur elle et qui acceptera de nous changer 150$.
Bien ! nous pouvons maintenant nous restaurer puis chercher un garage histoire de voir d'un peu plus prêt ce problème de train arrière.

Le garagiste trouve la cause de notre souci : Nous avons pris un sacré choc au centre de la structure du train arrière et c'est probablement pour ça que nos deux roues sont voilées. Il nous demande de rentrer la voiture dans le garage... et c'est juste à ce moment là que nous tombons en panne sèche d'essence ! (Il faut préciser que depuis quelques jours la jauge d'essence est morte et indique que nous sommes toujours à sec). On rentre donc la voiture en poussant ce qui fait bien rire toute l'équipe de mécanos.



La pièce dans laquelle nous venons de rentrer Skogoliath est quasi vide à part un gros portique métallique équipé d'un palan sûrement destiné à soulever la voiture. Il faut avouer qu'on se demande bien comment ils vont pouvoir réparer ça. Le type monte sur un tonneau et décroche le palan. Interrogation de toute l'équipe..??. Il lève la voiture à l'aide d'un cric de chaque côté et attache le palan de part et d'autre de la structure, de façon à resserrer l'écart entre nos deux roues arrière. On a un peu du mal à croire ce qu'on voit tant ça parait bourrin... mais nous sommes tous convaincu que le type à une grande habitude de ce genre de problème et sait parfaitement ce qu'il fait. Pour information, un palan est une sorte de moteur manuel à chaîne. Une chaîne sert normalement au levage de charges lourdes (le palan du garage peut lever 5 tonnes) et une autre chaîne sert à man½uvrer avec une très forte démultiplication afin d'y arriver seul, à la force des bras.
Autant vous dire que là, avec le palan accroché de cette manière au train arrière, nous pourrions sans problème resserrer les roues au point de les mettre perpendiculaire à la voiture sans trop forcer ! :)
Les mécanos y vont donc au mètre à ruban afin de redonner un peu de parallélisme dans tout ça :) Nous admirons tous, assez stupéfait par le coup de main de ces 3 mécanos mais on se demande encore comment le tout va tenir car en relâchant le palan, la structure va se ré-écarter tel un ressort. Et la réponse viendra avec un des mécanos qui débarque alors avec un poste à souder.
Complètement couché sous la voiture pile en dessous du réservoir d'essence dans lequel nous venons de vider un de nos jerrican de 10L, le mécano chauffe la partie pliée de la structure et écrase le tout avec une grosse clé à molette. L'opération est assez impressionnante mais s'avère payante. Il nous font vérifier en mesurant devant et derrière le pneu : Il y a bien 134cm de chaque côté. Notre train arrière est donc de nouveau parfaitement parallèle... Chapeau les gars ! Sacrément efficace le coup du palan !




Nous remercions toute l'équipe du garage et après un nouveau plein d'essence, nous repartons en direction de notre destination finale à encore 600 kilomètres de là... Ulan Bator, nous voici !

Signé : Rodolphe


Traces GPS :
Vers BayanHongor - 1
Vers BayanHongor - 2
5 semaines depuis Milan et déjà 835 km en Mongolie !

Le 23-08-2009 • Pays : Kazakhstan

Après nos quelques heures d'attente au poste frontière Mongol nous attaquons nos premiers kilomètres de pistes Mongol. Il y a en gros trois routes possible pour rejoindre Oulan Bator depuis là où nous sommes :
- La route du Nord conseillé par notre amie Muriel qui nous avait organisé notre trip il y a deux ans lorsque nous étions venu en Mongolie avec Sylvestre. La route est visiblement très jolie et passe près d'un grand Lac à ne pas manquer !

- La route du sud, visiblement plus empruntée que celle du nord et que conseillent les gens de la frontière. Il n'y a visiblement pas grand chose de spécial à voir et la grande majorité des équipes du Mongol Rally compte la prendre... Nous n'avons pas très envie de rouler en convoi.

- Et il y a la route du centre, qui est moins indiquée que les deux autres et que nous avons déjà en partie faite avec Sylvestre il y a deux ans.

Nous étions donc tous convaincu par la route du Nord... Le problème est que visiblement, suite aux récentes intempéries dans la région, certaines rivière sont déclarées comme impassables par le poste frontière et par différents échos de taxis locaux. On se méfie de tout ces "oui-dire" qui ont déjà bien failli nous faire rater la route du Pamir. On décide donc de tenter et on verra si ça passe.
Arrivé au premier village faisant l'intersection des deux routes, nous demandons notre chemin pour Ulangoom et ce sera sans appel. On nous fait clairement comprendre que la route est fermée, peut être même pas des gros cailloux... Cela confirmerait le fait qu'il y ait une rivière d'une cinquantaine de mètres à traverser, autant dire impossible pour notre chère Skogoliath !

On se résigne donc à entamer la route du sud jusqu'à Olgy puis Hovd. Mais ayant avec nous un précieux cadeau de Muriel, un atlas de toutes les routes de Mongolie (comprendre pistes) très précis et avec les indications topologiques de l'altitude des montagnes, nous allons essayer de prendre des chemins de traverse afin de quitter un peu cette grosse piste empruntée par tout le monde.

Après une première nuit très venteuse près d'Olgy et un gros plein de Tugruks à la banque (la monnaie locale), nous allons faire quelques emplettes pour tenir notre dernière semaine de camping sauvage. Il est assez amusant pour Sylvestre et moi de se retrouver dans cette ville traversée deux ans auparavant. On reconnaît pas mal d'endroit et retrouvons même le fameux restaurant turc qui nous avait valu tant d'histoires lors de notre premier passage !



Trois bons keftas plus tard et nous voici en direction de Hovd en passant par de magnifiques paysages avec de grande montagnes enneigées au loin et des grandes vallées toute verte traversée par de nombreux petit ruisseaux... Ruisseaux dans lesquels Sylvestre s'amuse à rouler à fond en faisant le plus d'éclaboussure sur la voiture, le but étant évidemment d'arroser les passagers arrière :)
Attention tout de même au rivière trop profonde et qui feront tousser le moteur au point de devoir pousser la voiture avec des renforts !
Nous croisons également de nombreuses yourte et notre canard a toujours autant d'effet sur les enfants qui courent en notre direction.




Ce soir là, une soixantaine de kilomètres avant Hovd, nous trouverons un superbe spot de camping près d'une rivière, un spot tellement agréable que deux autres équipes du Mongol Rally se joignent à nous pour la soirée. Nous arrivons même à lancer un grand feu autour duquel chacun se prépare à manger. Ce sera l'occasion de faire péter le bouchon de la bouteille de champagne offerte par le père de Sylvestre à Almaty ! Il ne pouvait pas y avoir meilleur occasion que celle là pour fêter notre premier jour entier en Mongolie et avec deux autres équipes très sympa !



Le lendemain, par un temps assez maussade déteignant sur le moral de l'équipe, nous faisons un passage éclair à Hovd histoire de remplir le réservoir et nous décidons de quitter "la verte" pour prendre "des jaunes", comprenez quitter la piste principale pour emprunter des pistes plus petites et moins empruntées. Nous hésitons pas mal entre les différentes traces qui se dessinent devant nous puis partons en direction de deux lac.



La route est en partie faite de sable et malgré les efforts de Sam au volant, le sable aura raison de lui et nous nous ensablons pour la deuxième fois du voyage. Pas de panique, nous ne sommes pas trop enfoncé, il suffit juste de creuser un peu pour placer nos tapis de désensablage et le tour est joué !... Mais c'était sans compter une de nos jantes, déjà bien abîmée par les mauvaise pistes kazakhs, qui finit de rendre l'âme et le pneu se dégonfle rapidement. Première roue de secours en place et c'est reparti, cahotant sur cette piste sinueuse.



Le soleil finit par refaire son apparition en fin de journée alors que nous roulons plein gaz sur une très bonne piste dans une vaste plaine. Cette belle lumière aidant, j'en profite pour filmer quelques plans en passant par la fenêtre. On ressent alors immédiatement une forte sensation de liberté et je me régale à rester accrocher à la portière pendant un bon moment.



Nous arrivons enfin au lac et perdons un peu la piste de vue... ce qui nous vaudra un deuxième ensablement à quelques dizaines de mètres seulement d'une yourte. Son propriétaire vient tout de suite à notre rescousse et est plutôt efficace en matière de désensablage ! :)
Après une longue discussion dont nous ne comprendrons pas un mot, on finit par comprendre qu'il nous invite dans sa yourte pour prendre un thé. (Avec évidement le fromage de chèvre ULTRA DUR et ULTRA FORT) Et finalement il nous propose même de rester dormir ici la nuit commençant à tomber. Nous acceptons sans hésiter ! Déjà que se faire inviter à manger dans une yourte est toujours un moment unique, mais dormir à l'intérieur est une occasion à ne pas rater !
Nous allons donc chercher nos affaires pendant que la femme et la fille de notre hôte prépare un dîner de vermicelles faite maison sous nos yeux ainsi que de petits morceaux de viandes bouillis.
Ce bon dîner dans l'estomac et encore quelques litres de thé, tout le monde se couche les uns à côté des autres dans la yourte.



C'est un réveil plutôt original que de se retrouver dans la yourte avec toute la famille :) Après un rangement de tout notre barda, petit déjeuner qui n'est autre que... je vous le donne en mille !
Encore du thé au lait fraîchement trai ainsi que toujours ce fameux fromage ULTRA.... et une sorte de petit "chichis", une pâte un peu élastique en forme de petit cylindre. Enrobée de sucre glace et de confiture ça ferait un malheur ! ;)



Nous remercions comme nous pouvons cette famille en leur offrant des bougies, des savons et même une de nos casseroles qui ne nous sert pas. Et n'ayant plus de douaniers à corrompre, nous offrons notre dernier paquet de cigarettes au chef de famille qui est un sacré fumeur !



Nous reprenons notre piste qui finit par être très bonne mais qui vas de moins en moins dans notre direction supposée... Après quelques demi-tours, hésitations, vérifications.... il faut se résigner : nous sommes complètement perdus. Bon pas tant que ça car notre GPS nous permet de savoir assez bien où l'on se situe sur la carte mais quand même, la piste que nous devions prendre est visiblement introuvable et celle sur laquelle nous continuons vas plein sud alors que nous voulons aller plein est. Qu'à cela ne tienne, nous finirons bien par rejoindre "la verte" en roulant plein sud.
Alors taillo ! Et après quelques dizaines de kilomètres, la piste se termine en à peine quelques traces puis plus rien du tout... Nous roulons en plein milieu de rien et c'est vraiment plaisant !
On s'amuse alors avec la faune locale... un magnifique crâne de vache au complet qui pourrait orner notre par-buffle (ou yak). Un troupeau de chèvres assez peureuses. Les restes de quelques spécimens locaux... Ou encore avec les chameaux du coin qui se prélasse sur notre passage. Gaëtan a dû être cow-boy dans une vie antérieur.






On finit par retrouver cette fameuse piste verte, la route pour Altay, à 130 km de là. La piste, ou plutôt la huit voies tellement il y a de traces parallèles, est assez mauvaise. De la bonne tôle ondulée comme nos amortisseurs adorent. Et d'ailleurs, Samuel qui n'en avait pas finit avec notre première roue de secours, décide d'achever la deuxième sur un caillou pernicieux. On change rapidement la roue mais nous n'avons plus le droit à l'erreur, nous n'avons plus de roues de secours !
Nous recroisons nos deux équipes avec qui nous avions trinquer l'avant veille. On fait un bout de route ensemble mais une des deux voitures a un problème technique. Nous finissons alors la route sans eux en essayant de trouver un spot de camping sympa mais surtout sans trop de vent. Cela parait difficile dans cette grande vallée pleine de courants d'air. Étant tout juste à une vingtaine de kilomètres de Altay, on pousse jusque là pour trouver un hôtel. Ce ne sera pas du luxe de passer une nuit au chaud et surtout de prendre une bonne douche !

Bilan de ces 835 premiers kilomètres en Mongolie : Par-choc avant menaçant de tomber d'un instant à l'autre, amortisseur arrière-droit pas loin de rendre l'âme, deux jantes HS, un bout de par-choc arrière en moins, la tôle de protection moteur bien cabossée, les poignées de portes qui ont de plus en plus de mal à fonctionner, la jauge d'essence HS, pot d'échappement de plus en plus ratatiné et proche de rendre l'âme...
Mais Skogoliath tiendra bon jusqu'au bout !!!

Signé: Rodolphe


Traces GPS :
Vers Khvod
A l'est de Khvod
En direction d'Altai
Plus de photos ?

Le 23-08-2009 • Pays : Kazakhstan

Sur le blog, surtout pour des questions de simplicité, je suis l'auteur de la quasi-totalité des photos. Toutefois, Samuel mitraille autant que moi et nos deux regards sur cette aventure se complètent mutuellement.
Allez admirer ces superbes photos sur sa galerie complète (Picasa). Elle se termine pour le moment à Almaty mais pas de doute, il mettra à jour la galerie avec la fin de l'aventure.

Signé: Sylvestre


Et le vainqueur du concours sont...

Le 22-08-2009 • Pays : Kazakhstan

Et oui, après un vote digne d'une élection du PS, un nombre de voix extrêmement serré, un re-comptage minutieux des bulletins, de violentes réprimandes de la part des deux parties puis de nouveaux un vote final... ce sera sans appel : ÉGALITÉ !!!

Il y aura donc deux gagnants, où plus exactement deux gagnantes à notre grand jeux concours pour trouver le surnom de notre carrosse.

Les nominés sont : SKODETTE et MONGOLIATH.

L'équipe a donc décidé à l'unanimité d'unifier ces deux noms afin d'obtenir le doux surnom de "SKOGOLIATH" !!!

Les vainqueuses se verront donc remettre, comme promis, la fameuse vidéo de Gaëtan ainsi qu'un morceau de fromage mongole ULTRA.... !

Bravo à elles !
Mongolia, here we are!

Le 19-08-2009 • Pays : Kazakhstan

Mongolia, here we are!

Ce fut difficile et éprouvant mais, finalement, nous voila!
Comme Gaëtan l'a indiqué dans son précédent message, nous sommes passé en mode warrior pour arriver jusqu'en Mongolie dès que possible pour pouvoir profiter autant que possible du pays.
Informations prises, il faut compter 22 heures de voiture pour arriver de Almaty à la frontière russe au nord du Kazakhstan. Ensuite, il faut compter environ 1000 kilomètres'de bonnes routes au travers
du sud de la Sibérie pour atteindre la frontière mongole. Frontière où nous savons déjà, grâce aux mails des organisateurs du Mongol Rally, que ça peut durer de 8 à 12 heures à cause du fait que la voiture a vocation à rester dans le pays.

On sait donc que l'on est parti pour quelques jours de voiture mais que touchant au but, on est plus motivé que jamais et capable d'endurer ça!

On part donc de chez mon père à Almaty vers 16h, petit stop à l'hôpital pour récupérer mes radios, on quitte la ville pour s'arrêter manger des Chachlicks (fameuses brochettes de l'Asie Centrale).
Et c'est parti pour la route, on monte 300 kilomètres plein nord pour s'arrêter au milieu de nul part à coté de bâtiments abandonnées assez louches...

Le lendemain est une journée ambitieuse. On espère atteindre la frontière russe à presque un millier de km de là... C'est sans compter de fortes oppositions du Kazakhstan. La première dans les routes ... qui deviennent de plus en plus mauvaises en allant au nord. On passe de excellentes (110 km/h) ... exceptionnelle, bonne (90), moyenne (70), correcte (50), décevantes (40) pour finir par désastreuses (20) en arrivant dans la région de Semei... Probablement du aux explosions de 460 têtes nucléaires durant la glorieuse période de la guerre froide (ou pas).

La seconde est la présence policière. Durant cette journée, outre un arrêt pour nous demander la capitale de la France (Kazakhstan = Astana, France = ?) et le nom de notre cher président (pour une fois non suivi de "Top Model" ou "Carla"); le principal arrêt sera, jusqu'à ce jour, notre plus gros problème avec les autorités. Rodolphe au volant, on arrive sur une route limité à 20 kilomètres/heure. Je ne sais pas si vous avez déjà essayé mais conduire à cette vitesse, outre que l'on devient un danger tellement on est lent, est très difficile à atteindre. Il est probablement plus facile de pousser la voiture que de rouler à 20. Comme prévu, on roule à 30 (ce qui est déjà un record pour Rodolphe). Pas de chance, on se fait arrêter par un policier et son radar. Rodolphe applique la technique habituelle du "je ne comprend rien à ce que tu me dis", pas de chance, il a l'air *légèrement borné* et la technique employée par Rodolphe échoue quand il montre sur son écran les inconscients : 31 km/h atteint par la Skoda. Pendant que Rodolphe parlemente avec lui, il arrête quatre autres véhicules. Le ton oscille d'un humour forcé de la part des Kazakhs arrêtés et d'un fort énervement de la part d'un couple de russe qui apprécie que très moyennement l'ironie... Quant à nous, on tourne autour de la voiture attentant qu'il se passe quelque chose avec, en tête, la préoccupation que le policier avachi dans la voiture possède encore le passeport et le permis de conduire international (utile pour éviter d'avoir à donner notre vrai permis) de Rodolphe.
Entrain de négocier avec la police On ne comprend pas trop ce qui se passe alors que le comique de la situation continue lorsque des voitures passent à 50 km/h devant le policier entrain de fumer sa cigarette... Les Kazakhs parlent entre eux, quand soudain, on nous dit "c'est bon, vous pouvez y aller". Le policier dans la voiture rend le permis international à Rodolphe mais indique qu'il n'a pas son passeport. Le ton monte, on fait comprendre qu'il se trompe, que si ils continuent on va appeler l'ambassade (bon, aucun réseau pour nos portables... heureusement, on a le téléphone satellite), le policier fait comprendre à Rodolphe qui commence à être sérieusement énervé de venir s'asseoir à coté de lui et pouf, soudainement, il retrouve le passeport de Rodolphe. On ne se fait pas dire deux fois, on reprend la route tout en se demandant si son oubli de passeport était intentionnel ou non...

On réalise soudain que l'on est bien en retard sur le planning. Il est mardi matin. Il nous reste la frontière Kazakhstan/Russie à atteindre puis traverser, puis 1000 kilomètres en Russie et il faut que l'on arrive le mercredi dans la matinée si on veut pas passer une nuit à la douane à cause de la longueur des traitements des dossiers. Bref, pas le choix, il va falloir rouler de nuit et ça va être chaud!

Entre le Kazakhstan et la Russie
On s'en va pour passer la frontière russe une nouvelle fois. Après le long passage entre l'Ukraine et la Russie (12 heures), celui entre le Kazakhstan et la Russie se fait sans problème. Les aspects administratifs liés à la voiture ne me dérange plus, je suis capable de remplir les formulaires en Cyrillique sans problème (non pas que je le lise mais dans la CEI, ils sont tous construit de la même manière). Et surtout, les douaniers sont généralement très sympas et agréables... Loin des images que l'on avait avant de partir. A cette douane, un vieux douanier me parle du Louvre et la Tour Effeil, un autre me demande avec un grand sourire si ça me dirait pas d'échanger ma montre contre la sienne ("désolé, c'est un cadeau et de toutes les façons, il y a des rayures sur le cadran"), un autre nous appelle "Brothers", d'autres m'appellent Stallone (oui, on me l'a jamais fait avant)...

Poste frontière
Enfin, après un peu plus de deux heures à la douane, quelques tampons supplémentaires, on arrive en Russie. Quelques kilomètres avant le passage de la frontière russe et après, de grandes forêts vertes ... On pourrait se croire dans les Landes... Ça correspond bien aux clichés que l'on a de ce pays. La suite de la route est bordée d'immenses champs. La route est excellente et le niveau d'infrastructure bien supérieur au pays voisin. La mère patrie est décidément bien en avance sur ses anciens (?) satellites.

Sibérie En Russie
16 h, pas de doute, il faut conduire de nuit. Rodolphe conduit jusqu'à la nuit (21h), je conduis de 21 h à 3 h du matin à l'aide de RedBull et de musiques bien agitées dans les oreilles. Samuel prend le volant entre 3 et 7 h et enfin!, Rodolphe termine pour arriver à la frontière à 9 h 15. 15 minutes après l'ouverture de la frontière Russo/Mongole. Bien cassé et enfariné, le paysage de la route est d'une telle beauté que l'on en oubli la route. On sent que l'on se rapproche de la Mongolie et de ses paysages alpin de l'extrême ouest du pays.
La Sibérie

Encore une fois, pas de problème la frontière. Le canard sur le toit de la voiture a son succès et amadoue encore plus les douaniers. On croise une autre équipe du Mongol Rally en Peugeot Partner, 3 indiens qui participent au Mongol Rally. Résolument international!

Une grosse dizaine de kilomètres de piste défoncée dans le No Man's Land entre la Russie et la Mongolie. Le poste frontière est tout neuf équipé d'un grand parking. On y voit bon nombre de voiture du Mongol Rally. On se dirige pour effectuer les papiers administratifs. On croise un gars qui nous explique la situation. The Adventurists doivent une certaine somme d'argent au gouvernement Mongol et tant que ça sera pas réglé, ils nous laisseront pas partir. Ah. Et ça dure depuis combien de temps ? Certains sont là depuis 3 jours. Oh. Et ça va se débloquer quand ? Aucune idée. Arg.

Une brochette du Mongol Rally
On remplit donc les formulaires. On les dépose au douanier. Il nous indique de se garer avec les autres. Aucune réponse à nos questions quant au timing. OK. Tant pis.
On va donc sagement se garer avec les autres voitures. On fait le tour pour voir qui nous connaissons. On retrouve Andy, dégouté de pas nous avoir suivi sur la route de la Pamir et visiblement un peu aigri contre ses co-équipiers, Paul et d'autres rencontrés par ci, par là... Je retrouve aussi une autre équipe rencontrée sur le parking de la clinique, ils étaient trois, ils sont maintenant deux. Leur buddy a été rapatrié à cause de dysfonctionnements rénaux. Bad luck.
Un sympa moment d'échange même si on sent un peu de tension après 3 jours d'attente. Tension qui s'en va croissante quand une bonne partie des gens commencent un sitting dans les bâtiments de la douane et que d'autres bloquent à l'aide de leurs véhicules les entrées du poste frontière. On s'en amuse tout en espérant que ça n'empire pas. Même si l'ambiance est bon enfant, le ton commence à monter dans le poste de douane (de nouveaux militaires débarquent). Les gens présents prennent des photos et filment... Pas de chance, Samuel se fait prendre et ne récupérera son appareil qu'après de longues discussions.

Enfin, un responsable arrive et après quelques coups de téléphone aux organisateurs, ils décident de nous laisser passer contre 17 US$, ils gardent nos documents pour la voiture et nous confient une photocopie de celles ci et quelques autres documents. A priori, tout sera réglé d'ici à notre arrivé à Ulaan Baator. Contents de passer la frontière si rapidement, on se fiche de ces détails administratifs.

12 800 kilomètres après le départ de Milan, nous y voila, nous sommes enfin en Mongolie. Très peu de galères, un nombre incalculable de villes traversées, beaucoup d'expériences uniques et mémorables. Nous y sommes et ravi de pouvoir (re)découvrir ce pays.
Entre la Russie et la Mongolie

Signé: Sylvestre



Traces GPS :
Au Kazakhstan
Kazakhstan vers la Russie
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