Plus que 600 kilomètres avant la ligne d'arrivée !

Le 23-08-2009 • Pays : Mongolie

Dimanche 23 Août :
Nous découvrons un nouveau pneu crevé... Heureusement nous nous sommes arrêtés en ville et il sera facile de trouver un réparateur de pneu aux alentours. Samuel et Gaëtan partent donc avec 3 roues dont les jantes ont pris de sérieux coups. Pendant que le spécialiste officie, je m'occupe de faire un plein d'huile de boite car avec notre mésaventure juste avant le départ en explosant la boite de vitesse, bien que celle-ci soit ressoudée à la perfection, elle perd un peu d'huile au goûte à goûte et il faut donc régulièrement refaire le niveau.
J'en profite aussi pour faire un gros nettoyage du filtre à air gorgé de poussière !
Pendant ce temps, Sylvestre s'occupe de publier le message de la veille via l'antenne Satellite. L'équipe ne chôme pas !



Nous finissons par partir vers 11h avec 2 roues de secours presque neuves et un plein d'essence qui nous étonne un peu... Mais il ne faudra que quelques dizaines de kilomètres avant que notre spécialiste des roues nous explose une nouvelle jante. Je ne le citerais pas, vous aurez deviné ! ;)
Sam change donc sa roue (nous avons instauré la règle : qui casse, répare !) et c'est reparti sur une magnifique piste jaune totalement désertique.



Il se fait faim et nous nous arrêtons pour préparer notre déjeuner, qui d'habitude est essentiellement composé de pâtes, à 98% du temps. Pâtes que nous agrémentons de diverses sauces en tout genre (moutarde sucrée, ketchup à l'aneth, sauce barbecue pas trop mal...) et dans les grands jours, d'un peu de thon ou de sardine. Un régal ! (et ça dure depuis presque 1 mois...)
Sauf que cette fois-ci nous avons subitement eu envie de cuisiner ! Nous avons en stock une boite de petit pois, une de champignons, et nous avons acheté une sorte de semoule que nous ne connaissons pas, c'est donc le moment d'essayer !
Pendant qu'une grosse bachole d'eau boue pour la semoule, je m'applique à faire revenir un peu les champignons dans un tout petit peu d'huile piquée dans un sachet de pâtes chinoise lyophilisée... Imaginez le délice ! Mais alors que la semoule cuit depuis bien 20 minutes, il n'y a plus d'eau du tout et c'est visiblement loin d'être cuit ! Nous remettons donc une bonne rasade d'eau et attendons sagement en bavant sur mes champignons qui commencent à sentir plus que bon !
Près de 45 minutes plus tard nous obtenons une sorte de magma... mais qui au moins ne croque plus sous la dent. Les ventres de l'équipe criant famine, on décide d'arrêter là le massacre et on mélange le tout. Le plat obtenu que nous appellerons à juste titre "Magma" est pour ainsi dire, mangeable... mais on en redemanderais pas vraiment :-/ Et fort heureusement que nous avons nos diverses sauces pour faire passer le goût de cette semoule qui n'en est définitivement pas ! (Maman, je ramène un échantillon pour que tu me décrypte ce qu'est cette céréale)
Malheureusement, nous n'avons pris aucune photos de ce merveilleux plat. Enfin si certains sont motivés, il doit rester dans un coin de désert, le reste de notre bachole de Magma... Avis aux amateurs !
Très déçu de ce repas qui en plus à totalement gâché le goût de mes champignons préparé avec tant d'attentions, nous reprenons la route, de plus en plus défoncée.

Il est toujours assez amusant de traverser les villes ou villages en Mongolie, tellement ce peut être chaotique. Il n'y a pas vraiment de routes, pas franchement de logique, les constructions sont de différentes couleurs, toujours un peu brinquebalantes, les yourtes, entourées de palissades... Le tout à un aspect un peu post-apocalyptique toujours surprenant...




Notre piste est de plus en plus défoncée et nous touchons régulièrement à l'arrière. D'autant plus qu'avec les milliers de pistes déjà parcouru et le poids de tout ce que nous transportons, les amortisseurs arrière commencent à rendre l'âme. C'est alors qu'un choc plus gros que les autres se fait sentir... (Edit de Sylvestre: Rodolphe oublie de préciser que c'était lui le conducteur). Petit arrêt pour constater les dégâts : Outre le pot d'échappement qui est définitivement mort suite aux différents coups, on constate que le logement de la roue de secours a perdu un peu d'espace... On se demande alors si ce n'est pas un choc similaire qui nous aurait diminuer la contenance de notre réservoir d'essence...



Finalement rien de grave, on repart ! Mais on constate un léger déhanchement de la voiture... Après vérification, nous avons visiblement touché le train arrière car nos deux roues arrière penchent légèrement vers l'intérieur et vers l'avant. Là ça devient plus sérieux ? Boaf pas tant que ça, on verra à la prochaine ville !
La piste nous fait passer par de jolis coins en fin de journée et des nuées d'oiseaux s'envolent à notre passage. Tout cela sans croiser la moindre voiture quasiment. La Mongolie est toujours fascinante !




Arrêt camping pour la nuit près d'une joli rivière et soirée astro par une nuit magnifiquement étoilée !!
Pour ceux qui ne voit pas bien ce que représente la photo avec des traînées blanches, c'est en fait une photo pose longue en visant l'étoile polaire. En effet la terre tourne sur le même axe ce qui fait que l'ont voit bien la rotation de la terre en prenant une photo visant l'étoile polaire pendant une vingtaine de minutes !





Lundi 24 août :
Cela devient presque une coutume... alors que je roule à nouveau sur une piste bien défoncée, un bruit encore plus anormal que tous ceux que l'on peut déjà entendre entre les amortisseurs arrière qui n'en peuvent plus, le claquement des jerricans sur la galerie, la vitre conducteur qui ne tient plus du tout et les différents impacts avec le sol... j'ai crevé ! :)
Mais cette fois ce n'est pas la jante comme d'habitude, c'est bien un beau trou dans le pneu. Il faut dire que nos pneus arrières commencent à être sérieusement lisses. Il nous reste une roue de secours. Changement éclair et c'est reparti jusqu'au prochain bled où nous finissons par trouver le spécialiste du coin qui après de grands et long efforts, arrivera enfin à nous réparer nos deux pneus et jantes bien abîmés.



Une heure plus tard nous reprenons la route, heu... la piste ! Piste qui se disperse en plusieurs traces... Bien que notre GPS nous indique bien le cap à suivre, il est difficile de choisir entre toutes les traces qui se dessine devant nous. On finit bel et bien par se perdre en arrivant près d'une mine supposée d'or. On continue mais on se retrouve face à face avec un grillage nous barrant la route !!! Un comble en Mongolie ou tout n'est que vaste plaine sans aucune clôtures !
Demi-tour pour essayer de retrouver la piste principale et après de gros efforts de pilotage sur ces pistes défoncées et avec notre voiture qui chasse de l'arrière, on arrive enfin à BayanHongor vers 16h15... affamés ! mais sans le sou !
Et comble de la malchance, la banque est hors service car les réseaux de communications sont coupés. Aie, ça se complique ! Mais Samuel, fin débrouillard, finira par trouver une femme se baladant avec une petite fortune sur elle et qui acceptera de nous changer 150$.
Bien ! nous pouvons maintenant nous restaurer puis chercher un garage histoire de voir d'un peu plus prêt ce problème de train arrière.

Le garagiste trouve la cause de notre souci : Nous avons pris un sacré choc au centre de la structure du train arrière et c'est probablement pour ça que nos deux roues sont voilées. Il nous demande de rentrer la voiture dans le garage... et c'est juste à ce moment là que nous tombons en panne sèche d'essence ! (Il faut préciser que depuis quelques jours la jauge d'essence est morte et indique que nous sommes toujours à sec). On rentre donc la voiture en poussant ce qui fait bien rire toute l'équipe de mécanos.



La pièce dans laquelle nous venons de rentrer Skogoliath est quasi vide à part un gros portique métallique équipé d'un palan sûrement destiné à soulever la voiture. Il faut avouer qu'on se demande bien comment ils vont pouvoir réparer ça. Le type monte sur un tonneau et décroche le palan. Interrogation de toute l'équipe..??. Il lève la voiture à l'aide d'un cric de chaque côté et attache le palan de part et d'autre de la structure, de façon à resserrer l'écart entre nos deux roues arrière. On a un peu du mal à croire ce qu'on voit tant ça parait bourrin... mais nous sommes tous convaincu que le type à une grande habitude de ce genre de problème et sait parfaitement ce qu'il fait. Pour information, un palan est une sorte de moteur manuel à chaîne. Une chaîne sert normalement au levage de charges lourdes (le palan du garage peut lever 5 tonnes) et une autre chaîne sert à man½uvrer avec une très forte démultiplication afin d'y arriver seul, à la force des bras.
Autant vous dire que là, avec le palan accroché de cette manière au train arrière, nous pourrions sans problème resserrer les roues au point de les mettre perpendiculaire à la voiture sans trop forcer ! :)
Les mécanos y vont donc au mètre à ruban afin de redonner un peu de parallélisme dans tout ça :) Nous admirons tous, assez stupéfait par le coup de main de ces 3 mécanos mais on se demande encore comment le tout va tenir car en relâchant le palan, la structure va se ré-écarter tel un ressort. Et la réponse viendra avec un des mécanos qui débarque alors avec un poste à souder.
Complètement couché sous la voiture pile en dessous du réservoir d'essence dans lequel nous venons de vider un de nos jerrican de 10L, le mécano chauffe la partie pliée de la structure et écrase le tout avec une grosse clé à molette. L'opération est assez impressionnante mais s'avère payante. Il nous font vérifier en mesurant devant et derrière le pneu : Il y a bien 134cm de chaque côté. Notre train arrière est donc de nouveau parfaitement parallèle... Chapeau les gars ! Sacrément efficace le coup du palan !




Nous remercions toute l'équipe du garage et après un nouveau plein d'essence, nous repartons en direction de notre destination finale à encore 600 kilomètres de là... Ulan Bator, nous voici !

Signé : Rodolphe


Traces GPS :
Vers BayanHongor - 1
Vers BayanHongor - 2
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